Tableau des centimorgans : combien de cM partagez-vous avec chaque cousin ?
Vous venez de matcher 850 centimorgans avec un inconnu sur Ancestry, MyHeritage ou FTDNA, et vous cherchez à comprendre qui est cette personne ? Ce tableau des centimorgans vous donne la référence complète — 22 relations de parenté, du parent biologique au 6e cousin, avec moyennes, fourchettes min-max et pourcentages d’ADN partagé. Les valeurs viennent du Shared cM Project v4 (Blaine Bettinger, 2020), la référence mondiale hébergée sur DNA Painter. Vous trouverez aussi la méthode pour interpréter votre match en 4 étapes, les cas d’usage par fourchette (« J’ai matché X cM, c’est qui ? »), et les outils pour aller plus loin.
Le tableau des centimorgans : 22 relations de parenté (Shared cM Project v4)
À retenir — le tableau des centimorgans en 5 puces
- Le centimorgan (cM) est l’unité officielle utilisée par les laboratoires d’ADN pour mesurer la quantité d’ADN partagé entre deux personnes.
- Un humain possède en moyenne 6 800 cM d’ADN autosomique (les 22 paires de chromosomes hors X et Y).
- 100 cM ≈ 1,47 % d’ADN partagé (sur base 6 800 cM).
- Les valeurs du tableau sont des fourchettes, pas des certitudes : un cousin germain peut partager de 396 à 1 397 cM selon le hasard du brassage génétique.
- Le cM seul ne suffit jamais à conclure : il faut toujours croiser avec l’âge, le sexe et l’arbre généalogique.
| Lien de parenté | cM moyens | Fourchette min – max (cM) | % ADN partagé |
|---|---|---|---|
| Jumeaux identiques (monozygotes) | ~6 800 | 6 800 (~100 %) | 100 % |
| Parent / enfant | 3 485 | 2 376 – 3 720 | 50 % |
| Frère / sœur (germain, full sibling) | 2 613 | 1 613 – 3 488 | 50 % (variabilité 38 – 61 %) |
| Demi-frère / demi-sœur (half sibling) | 1 759 | 1 160 – 2 436 | 25 % |
| Grand-parent / petit-enfant | 1 766 | 1 156 – 2 311 | 25 % |
| Oncle/tante – neveu/nièce | 1 750 | 1 201 – 2 282 | 25 % |
| Cousin germain double (double 1C) | 1 783 | 1 322 – 2 583 | 25 % |
| Arrière-grand-parent / arrière-petit-enfant | 881 | 464 – 1 486 | 12,5 % |
| Grand-oncle / grand-tante – petit-neveu / petite-nièce | 914 | 251 – 2 108 | 12,5 % |
| Demi-oncle / demi-tante – demi-neveu / demi-nièce | 871 | 492 – 1 315 | 12,5 % |
| Cousin germain (1C) | 866 | 396 – 1 397 | 12,5 % |
| Cousin germain une fois retiré (1C1R) | 433 | 102 – 980 | 6,25 % |
| Demi-cousin germain (half 1C) | 449 | 137 – 856 | 6,25 % |
| Cousin issu de germain (2e cousin, 2C) | 229 | 41 – 592 | 3,125 % |
| Cousin germain deux fois retiré (1C2R) | 221 | 43 – 531 | 3,125 % |
| Cousin issu de germain une fois retiré (2C1R) | 122 | 14 – 353 | 1,563 % |
| Demi-cousin issu de germain (half 2C) | 120 | 9 – 397 | 1,563 % |
| 3e cousin (3C) | 73 | 0 – 234 | 0,781 % |
| 3e cousin une fois retiré (3C1R) | 48 | 0 – 192 | 0,391 % |
| 4e cousin (4C) | 35 | 0 – 139 | 0,195 % |
| 5e cousin (5C) | 25 | 0 – 117 | 0,049 % |
| 6e cousin (6C) | 21 | 0 – 71 | 0,012 % |
Données : Shared cM Project v4 (Bettinger, mars 2020), ~60 000 soumissions communautaires. Hébergement et calculateur interactif officiel : DNA Painter — Shared cM Tool v4. Les fourchettes correspondent aux percentiles 1 – 99 de la distribution communautaire, pas aux extrêmes biologiques absolus. Date d’accès : 2026-05-09.
Comment lire ce tableau des centimorgans
Trois précisions essentielles avant d’utiliser ces chiffres pour identifier votre match :
- Les moyennes ne sont pas des certitudes. Si la ligne « cousin germain » affiche 866 cM en moyenne, cela ne veut pas dire que votre cousin germain partagera 866 cM avec vous. Cela veut dire que sur des milliers de cousins germains testés, la valeur moyenne est de 866 — mais des écarts de plus ou moins 500 cM sont parfaitement normaux.
- Plusieurs liens de parenté peuvent partager une même fourchette. À 1 200 cM, vous pouvez aussi bien matcher un demi-frère, un grand-parent, un oncle ou un cousin germain double. Le cM seul ne tranche pas — c’est la combinaison cM + âge + sexe + arbre qui tranche.
- La probabilité de détecter un partage diminue avec la distance. Pour un 4e cousin, il y a environ 50 % de chances qu’aucun ADN détectable ne soit partagé. Pour un 6e cousin, c’est plus de 98 % de cas sans détection.
Qu’est-ce qu’un centimorgan ? Définition et signification
Un centimorgan (abrégé cM) est une unité de distance génétique. Ce n’est pas une longueur physique mesurée en lettres d’ADN — c’est une mesure statistique qui exprime la probabilité que deux fragments d’ADN soient transmis ensemble de génération en génération. Plus le nombre de centimorgans partagés entre deux personnes est élevé, plus leur lien de parenté est proche.
Le terme vient du généticien américain Thomas Hunt Morgan (Nobel 1933, à l’origine de la cartographie génétique). L’unité de base est le morgan ; le centimorgan en est le centième. Pour parler la langue de la généalogie génétique grand public en 2026, retenez simplement : un centimorgan, c’est l’unité qui mesure « combien de votre famille a survécu au brassage génétique ».
Total ADN humain : environ 6 800 cM
Un être humain possède environ 6 800 cM d’ADN autosomique réparti sur ses 22 paires de chromosomes (les chromosomes non-sexuels, par opposition aux chromosomes X et Y). Cette valeur consensuelle est issue de deux cartes de référence du génome humain :
- la carte deCODE (Kong et al., Nature, 2010), qui donne ~6 750 cM en valeur combinée ;
- la carte Rutgers Combined Map (Matise et al., Genome Research, 2007), qui donne ~6 800 cM.
Petit fait curieux : la longueur en cM varie selon le sexe. Les femmes recombinent en moyenne 14 % plus que les hommes — environ 7 200 cM chez la femme contre 6 300 cM chez l’homme. La valeur 6 800 cM est la moyenne combinée utilisée pour les calculs de partage entre cousins.
Conversion centimorgans (cM) ↔︎ pourcentage d’ADN
La formule de conversion est simple :
% ADN partagé = (cM partagés / 6 800) × 100.
À l’inverse : cM ≈ % ADN × 68.
Quelques repères de centimorgans mémorisables :
- 3 400 cM ≈ 50 % (parent/enfant ou frère/sœur germain)
- 1 700 cM ≈ 25 % (demi-fratrie, grand-parent, oncle/tante)
- 850 cM ≈ 12,5 % (cousin germain)
- 100 cM ≈ 1,47 %
- 8 cM ≈ 0,12 % (le seuil minimum chez Ancestry et MyHeritage)
Pourquoi des fourchettes plutôt qu’une valeur fixe ?
Quand vos parents ont fabriqué les ovules ou les spermatozoïdes qui ont donné votre ADN, leur propre matériel génétique a été mélangé comme un jeu de cartes battu : c’est la recombinaison génétique (ou « brassage génétique »). Pour chaque chromosome, ils ont pioché aléatoirement des segments venus de leurs propres parents, vos grands-parents.
C’est pour cela que deux frères ou sœurs ne partagent presque jamais exactement 50 % d’ADN. Selon le hasard du brassage, la fourchette réelle peut aller de 38 % à 61 % — soit entre 1 600 et 3 500 cM. Et plus la relation est éloignée, plus la fourchette s’élargit, parce que chaque génération ajoute un nouveau brassage. Voilà pourquoi un cousin germain peut partager 396 cM ou 1 397 cM avec vous : les deux valeurs sont biologiquement normales.
Les seuls liens où le cM est presque « fixe » sont les jumeaux identiques (~100 %, par construction génétique) et parent/enfant (~50 %, parce que par construction biologique chaque enfant hérite exactement d’un chromosome de chaque paire de chaque parent — la fourchette officielle 2 376-3 720 cM inclut quelques soumissions aberrantes, mais en pratique biologique courante, parent et enfant partagent presque toujours entre 3 300 et 3 720 cM).
Comment interpréter votre match centimorgans : la méthode en 4 étapes
Vous avez ouvert votre liste de matchs et vous voyez « 850 cM, ce match » sans plus d’explication. Voici la méthode pour transformer ce chiffre en hypothèse familiale solide. Si votre test n’est pas encore arrivé, prenez le temps de lire notre guide complet d’interprétation des résultats de test ADN avant de plonger ici.
Étape 1 : noter la valeur cM totale ET le plus long segment
Quand vous voyez « vous partagez 850 cM avec ce match », il s’agit du total cumulé de tous les morceaux d’ADN partagés. Mais un autre chiffre est tout aussi important : le plus long segment (longest segment), qui mesure le plus grand morceau continu d’ADN partagé.
Un cousin germain réel a typiquement plusieurs longs segments (chacun de 30 à 100 cM). Un match IBS (coïncidence statistique) a souvent plein de petits segments éparpillés (5 à 10 cM chacun). C’est pour cela que les laboratoires affichent les deux valeurs : le total dit « combien », le plus long segment dit « fiable ou non ».
Règles empiriques retenues par la communauté ISOGG (Speed & Balding, Nature Reviews Genetics, 2015) :
- Plus long segment ≥ 15 cM → match très fiable (vrai partage IBD, Identity By Descent).
- Plus long segment 8 – 15 cM → à vérifier (peut être IBD ou IBS).
- Plus long segment < 8 cM → bruit statistique probable (IBS, Identity By State).
Étape 2 : repérer la fourchette dans le tableau des centimorgans
Identifiez la ligne du tableau qui inclut votre valeur. À 850 cM, vous êtes dans la zone « cousin germain » (fourchette 396 – 1 397). Mais vous êtes aussi dans le haut de la zone « grand-oncle » (251 – 2 108) et dans la zone « demi-oncle » (492 – 1 315). Notez toutes les hypothèses compatibles : c’est votre liste de candidates.
Étape 3 : recouper avec l’âge, le sexe et l’arbre
C’est ici que le cM seul cesse d’être suffisant. Trois indices contextuels affinent toujours l’hypothèse :
- L’âge. Une différence d’âge importante (30 ans et plus) penche vers une relation intergénérationnelle (oncle/tante, grand-oncle/tante, 1C1R). Une différence faible (moins de 15 ans) penche vers cousin germain ou demi-fratrie.
- Le sexe. Le sexe seul ne tranche pas, mais combiné au chromosome X il devient un indice. Deux hommes ne peuvent partager du chromosome X que via une ancêtre femme commune.
- L’arbre généalogique. Si votre match a un arbre publié, cherchez les noms et lieux communs. Si un grand-parent commun est identifié, la relation cousin germain est confirmée.
Étape 4 : utiliser DNA Painter pour calculer les probabilités
L’outil de référence est gratuit : DNA Painter — Shared cM Tool v4. Saisissez votre valeur cM, l’outil affiche toutes les relations possibles avec leur probabilité relative.
Pour 850 cM par exemple, l’outil donnera typiquement : cousin germain ~70 %, 1C1R ~10 %, demi-oncle/tante ~10 %, arrière-grand-parent ~5 %, autres ~5 %. Une probabilité claire ne signifie pas une certitude — mais elle hiérarchise vos hypothèses.
Cas d’usage centimorgans : « J’ai matché X cM, c’est probablement qui ? »
Voici les sept fourchettes typiques observées par les utilisateurs francophones, avec les relations les plus probables. Aucune valeur de centimorgans, prise isolément, ne permet de conclure avec certitude à une relation précise — c’est pourquoi nous présentons toujours plusieurs hypothèses.
Plus de 3 400 cM : parent biologique ou enfant
Vous matchez 3 500 cM avec quelqu’un d’inconnu ? L’hypothèse statistiquement dominante est celle d’un parent biologique ou d’un enfant biologique. La seule autre relation théoriquement compatible serait un cousin germain double dans un contexte d’endogamie extrême — situation rarissime en France. Si la différence d’âge est de 18 ans ou plus, l’hypothèse parent/enfant est quasi certaine.
Entre 2 200 et 3 400 cM : frère ou sœur germain (full sibling)
À 2 700 cM partagés, vous êtes dans la zone « fratrie complète » (full sibling). La probabilité statistique est de l’ordre de 95 %. Attention au bas de fourchette (2 200 – 2 400 cM) : on est dans le chevauchement avec une demi-fratrie haute. La différence d’âge faible (0 à 15 ans) renforce l’hypothèse fratrie ; un parent commun connu permet de trancher.
Entre 1 300 et 2 300 cM : la zone de chevauchement (demi-frère, grand-parent, oncle/tante)
C’est la zone la plus délicate du tableau. Quatre relations différentes y cohabitent : demi-frère/demi-sœur (moyenne 1 759 cM), grand-parent/petit-enfant (1 766 cM), oncle/tante – neveu/nièce (1 750 cM), cousin germain double (1 783 cM). Leurs moyennes sont pratiquement identiques. Le cM seul ne permet pas de les distinguer.
L’âge devient l’indice numéro un. Différence supérieure à 30 ans : pencher vers grand-parent ou oncle/tante. Différence de 15 à 25 ans : oncle/tante ou demi-fratrie d’âge décalé. Différence inférieure à 15 ans : demi-fratrie ou cousin germain double. Croisez systématiquement avec l’arbre.
Entre 575 et 1 330 cM : cousin germain (1C) — la zone reine
C’est la zone reine du cousin germain (fourchette 396 – 1 397, moyenne 866). À 850 cM, l’hypothèse cousin germain est la plus probable selon DNA Painter (environ 70 %). Mais d’autres relations restent compatibles : demi-oncle/demi-tante (492 – 1 315 cM), arrière-grand-parent (464 – 1 486), grand-oncle/tante dans le bas de leur très large fourchette (251 – 2 108).
À 850 cM avec une personne de votre âge, c’est très probablement un cousin germain. Avec une personne de 25 ans plus âgée, c’est plutôt un demi-oncle/tante ou un 1C1R.
Entre 215 et 650 cM : cousin germain une fois retiré (1C1R), 2C haut, demi-cousin germain
Plusieurs hypothèses se valent dans cette fourchette. Cousin germain une fois retiré (1C1R) : moyenne 433 cM. Demi-cousin germain : moyenne 449 cM. Cousin issu de germain (2C) dans le haut de fourchette : max 592 cM. À ce niveau, l’identification précise sans arbre généalogique partagé devient très difficile. Recommandation pratique : contactez votre match pour comparer les arbres.
Entre 75 et 250 cM : cousin issu de germain (2C), 2C1R, demi-2C, 3e cousin haut
Cinq hypothèses possibles : 2e cousin, cousin germain deux fois retiré (1C2R), 2C1R, demi-cousin issu de germain, et 3e cousin dans le haut de fourchette. Le plus long segment devient critique à ce niveau : un segment unique de 50 cM ou plus penche vers une relation directe (2C ou 1C2R), tandis que de multiples petits segments inférieurs à 10 cM signalent une relation très lointaine ou des matchs IBS.
Moins de 75 cM : 4e cousin et au-delà — prudence, faux positifs possibles
À ce niveau, la prudence s’impose. Plus la relation est lointaine, plus le partage d’ADN diminue, jusqu’à devenir indétectable ou se confondre avec le « bruit » génomique. À partir du 5e cousin, environ 85 à 90 % des cas n’ont aucun partage détectable, et les rares matchs visibles à ce niveau peuvent inclure des coïncidences statistiques (matchs IBS, Identity By State). Ce n’est pas une erreur des laboratoires — c’est une limite mathématique inhérente à l’analyse génomique. Règle simple : un long segment continu (≥ 15 cM) reste fiable, plusieurs petits segments éparpillés (< 10 cM chacun) sont à considérer avec circonspection.
Les nuances biologiques du tableau centimorgans à connaître
Ces points distinguent une lecture rigoureuse d’une lecture superficielle. Ils valent le détour si vous prenez la généalogie génétique au sérieux.
Le cousin germain double : pourquoi votre cM peut doubler
Un cousin germain est dit « double » quand vous partagez non pas une, mais deux paires de grands-parents avec lui. Le cas typique : deux frères de votre famille ont épousé deux sœurs d’une autre famille (ou deux frères et deux sœurs apparentés). Le partage d’ADN est alors presque doublé par rapport à un cousin germain simple : autour de 1 783 cM en moyenne au lieu de 866. Sur Ancestry ou MyHeritage, un cousin germain double peut donc apparaître « à tort » comme un demi-frère ou un grand-parent — d’où l’importance de connaître l’arbre.
L’endogamie historique et son effet sur le partage cM
Dans certaines populations historiquement endogames — c’est-à-dire où les mariages se concluaient majoritairement au sein d’une même communauté géographique ou culturelle sur plusieurs générations — le pool génétique commun fait que les cousins partagent des valeurs cM légèrement plus élevées que la moyenne mondiale. C’est documenté pour les populations juives ashkénazes, certaines régions d’Islande, et historiquement pour des zones isolées (en France : certaines vallées alpines, le Pays Basque, la Corse, la Bretagne intérieure).
Ce n’est ni un signe de proximité familiale exceptionnelle ni un défaut : c’est un effet purement statistique de la démographie historique. Si vos résultats indiquent un partage cM amplifié sans qu’aucun lien de parenté connu ne l’explique, c’est probablement un effet de structure de population et non une révélation familiale.
Le chromosome X : un indice supplémentaire pour préciser une relation
Le tableau ci-dessus concerne uniquement les autosomes, les 22 paires de chromosomes non liés au sexe. Mais le chromosome X a une transmission particulière qui peut aider à préciser certaines relations :
- Les hommes ont un seul X, hérité de leur mère. Ils ne le transmettent qu’à leurs filles.
- Les femmes ont deux X (un de chaque parent). Elles transmettent un X à chaque enfant.
En pratique : si vous matchez fortement sur le chromosome X avec quelqu’un, le lien passe nécessairement par certaines lignées. Deux hommes ne peuvent partager du X que via une ancêtre femme commune. Ancestry et MyHeritage affichent des cM séparés pour le X — un signal supplémentaire pour identifier la branche familiale concernée. Sur le détail des affichages cM totaux et chromosome browser, voyez notre comparatif MyHeritage vs Ancestry 2026.
cM totaux cousin ≠ pourcentage d’ADN archaïque (Néandertal)
Si vous lisez « 12,5 % d’ADN partagé avec votre cousin germain » et « 1,8 % d’ADN néandertalien » sur le même rapport, ne mettez pas les deux pourcentages sur la même échelle. Les 12,5 % cousin germain mesurent un partage continu transmis sur deux ou trois générations. Les 1,8 % néandertaliens mesurent des fragments dispersés introgressés sur 50 000 ans. Pour comprendre cette différence d’échelle, voyez notre article Néandertal en vous : pourcentages d’ADN archaïque.
Outils tiers pour interpréter votre tableau centimorgans
Les laboratoires fournissent une première hypothèse, mais trois outils gratuits ou peu coûteux affinent l’analyse pour les cas complexes.
DNA Painter — Shared cM Tool v4 (calculateur officiel)
C’est l’outil de référence, gratuit, créé par Jonny Perl et adossé directement aux données du Shared cM Project de Blaine Bettinger. Vous saisissez votre valeur cM, l’outil affiche toutes les relations compatibles avec leur probabilité relative. Indispensable dès que la fourchette est ambiguë. URL : https://dnapainter.com/tools/sharedcmv4.
What Are The Odds (WATO) v2 — pour les cas complexes
Toujours sur DNA Painter, WATO est conçu pour les cas complexes : adoption, recherche de parent biologique, plusieurs hypothèses concurrentes. Vous construisez un arbre hypothétique, vous y placez vos matchs ADN connus avec leurs valeurs cM, et l’outil calcule des odds ratios entre hypothèses concurrentes (« hypothèse A est 5 fois plus probable qu’hypothèse B »). Outil de référence pour les enquêtes de filiation génétique. URL : https://dnapainter.com/tools/probability.
GEDmatch — comparer les cM entre plateformes
GEDmatch (https://www.gedmatch.com) permet de comparer les résultats de plusieurs labos. Vous avez testé chez Ancestry, votre cousin chez MyHeritage ? Si tous deux téléchargent leur kit sur GEDmatch (transfert gratuit du fichier brut), vous pouvez les comparer directement. L’outil propose aussi une triangulation pour confirmer un ancêtre commun sur un segment précis. À utiliser en connaissance des enjeux de confidentialité — la plateforme a connu plusieurs changements de politique ces dernières années et le sujet du partage de données ADN avec les autorités y a été polémique (affaire Golden State Killer).
Et l’IA générative ?
Les assistants conversationnels (ChatGPT, Claude, Gemini) peuvent fournir une première estimation à partir d’une valeur cM, mais leurs réponses peuvent varier d’une session à l’autre et ne s’appuient pas systématiquement sur les données les plus récentes. Pour un calcul fiable, l’outil de référence reste DNA Painter Shared cM Tool, alimenté directement par les données Bettinger v4. L’IA est un point de départ, pas une autorité.
FAQ — Questions fréquentes sur le tableau des centimorgans
Combien de cM partage-t-on avec un cousin germain ?
Un cousin germain partage en moyenne 866 cM avec vous, dans une fourchette typique de 396 à 1 397 cM selon le hasard du brassage génétique (Shared cM Project v4). Cela représente environ 12,5 % de votre ADN total. Mais attention : la même valeur peut aussi correspondre à un demi-oncle/demi-tante, un 1C1R, un grand-oncle/tante, ou plus rarement un arrière-grand-parent. Le cM seul ne suffit pas — croisez avec l’âge et l’arbre.
850 cM, est-ce un demi-frère ou un cousin germain ?
À 850 cM, l’hypothèse statistiquement la plus probable est celle d’un cousin germain — c’est le cas dans environ 70 % des situations selon DNA Painter. Un demi-frère partage en moyenne 1 759 cM (fourchette 1 160 – 2 436), donc 850 cM est largement en-dessous de la zone demi-fratrie. Une demi-fratrie à 850 cM est statistiquement improbable. Pour distinguer, regardez l’âge : un cousin germain est généralement dans votre tranche d’âge, un demi-frère partage souvent un parent connu.
Pourquoi mon frère et moi ne partageons pas exactement 50 % d’ADN ?
Parce que la recombinaison méiotique est un processus aléatoire. Quand vos parents fabriquent les gamètes qui ont donné votre ADN et celui de votre frère, leur matériel génétique est mélangé comme un jeu de cartes battu — différemment à chaque fois. Selon le hasard du brassage, deux frères ou sœurs germains peuvent partager entre 38 % et 61 % d’ADN (entre 1 613 et 3 488 cM). Les 50 % théoriques sont une moyenne statistique, presque jamais une valeur observée exacte.
Le Shared cM Project est-il à jour en 2026 ?
Le Shared cM Project en est à sa version 4 (mars 2020), avec environ 60 000 soumissions communautaires compilées par Blaine Bettinger. Aucune version 5 n’a été publiée à ce jour (mai 2026), et la v4 reste la référence consensuelle utilisée par DNA Painter, ISOGG et toute la communauté de généalogie génétique. Méfiance avec les anciennes fourchettes v3 (575 – 1 330 cM pour cousin germain) qui circulent encore : la v4 a affiné vers le bas (396) et étiré le haut (1 397).
Comment savoir si mon match est paternel ou maternel ?
Trois méthodes complémentaires. Première méthode : si vous avez testé un de vos parents, le côté est immédiat (un match qui matche aussi votre mère = côté maternel). Deuxième méthode : Ancestry propose depuis 2023 la fonctionnalité « SideView », qui sépare automatiquement les matchs paternels et maternels sans avoir testé les parents (déduction algorithmique). Troisième méthode : la triangulation sur GEDmatch — comparer plusieurs matchs entre eux pour repérer les groupes qui partagent les mêmes segments (et donc les mêmes ancêtres).
Le tableau marche-t-il pour toutes les origines ethniques ?
Le tableau Bettinger v4 reflète une distribution mondiale dominée par les soumissions nord-américaines et européennes. Il est globalement valide pour les populations européennes occidentales, américaines, et la plupart des populations mondiales non endogames. Dans les populations historiquement endogames (mariages au sein d’une même communauté sur plusieurs générations), les valeurs peuvent être amplifiées : les cousins partagent un peu plus de cM que la moyenne mondiale. C’est documenté pour les populations juives ashkénazes, certaines régions d’Islande, et localement en France pour le Pays Basque, la Corse, la Bretagne intérieure ou certaines vallées alpines. Ce n’est ni un problème ni une particularité à corriger : c’est l’effet statistique d’un pool génétique restreint sur plusieurs générations.
Conclusion : le tableau des centimorgans est une boussole, pas un GPS
Le tableau des centimorgans est l’outil de référence pour transformer une valeur cM brute en hypothèse de parenté. Mais il reste une boussole, pas un GPS : il indique des directions probables, jamais des certitudes individuelles. La valeur cM seule ne tranche presque jamais — c’est la combinaison cM + plus long segment + âge + sexe + arbre généalogique qui permet d’identifier un lien de parenté.
Quatre réflexes à garder en tête. Un : toujours lire les fourchettes, jamais les moyennes seules. Deux : toujours regarder le plus long segment en plus du total cM. Trois : toujours croiser avec l’âge et l’arbre. Quatre : pour les cas ambigus, passer par DNA Painter Shared cM Tool — gratuit, fondé sur les données Bettinger v4, c’est l’outil officiel de la communauté généalogie génétique mondiale.
Vous n’avez pas encore commandé votre test ADN ? Notre guide pour commander un test ADN en France en 2026 couvre la légalité, les laboratoires accessibles depuis la France et le déroulé pas à pas. Vos résultats sont arrivés et vous voulez aller plus loin que ce tableau ? Le guide complet d’interprétation des résultats reprend chaque section de votre rapport (origines ethniques, haplogroupes, correspondances) avec la même rigueur que cette page. Bonne enquête.
Sources principales : Shared cM Project v4 (Bettinger, mars 2020) ; DNA Painter — Shared cM Tool v4 ; ISOGG Wiki — Centimorgan et Cousin statistics ; AncestryDNA Matching White Paper (Ball et al., 2016) ; Kong et al., Nature, 2010 ; Speed & Balding, Nature Reviews Genetics, 2015. Date d’accès : 2026-05-09.
